We love green, and blue, and yellow ... Un festival éco-responsable à Paris






Début septembre, des phénomènes étranges se produisaient au Parc de Bagatelle. D’abord, sont apparus sur les pelouses du domaine des tipis, une intrigante structure en bois et une scène avec ses armatures en fer. Puis sont arrivés par milliers des énergumènes d’âge, de constitution et d’origine divers. On pouvait voir quinquagénaires, pré-pubères, parents, bébés, barbus, emo-girls, prolétaires et aristocrates secouer la tête en cadence. Cette singulière foule était réunie autour d’un intérêt commun. Ils étaient venus écouter Metronomy, Pete Doherty, Of Montreal, Connan Mockasin, Piers Faccini … qui participaient à la première édition de We Love Green. 





Le festival We Love Green s’est tenu les 10 et 11 septembre 2011 à Paris et se singularisait par sa volonté d’être éco-responsable, partant du constat qu’il est aujourd’hui nécessaire de passer au vert, y compris dans les arts. Les organisateurs du festival se sont donc donné des objectifs liés au développement durable, incluant la réduction de l’empreinte écologique, la sensibilisation du public et des artistes sur les enjeux environnementaux, ou encore le déploiement d’une politique sociétale respectueuse.

Ainsi, les festivaliers ont été encouragés à prendre les transports en commun ou à pratiquer le co-voiturage, les gobelets étaient consignés, les toilettes étaient sèches, les produits utilisés pour la restauration provenaient de producteurs bio et locaux, le mobilier était fabriqué avec des matériaux de récupération…




Et la musique dans tout ça ? En y allant dimanche, j’ai pu voir et entendre Soko (seulement de loin, j’étais un peu en retard), Piers Faccini, Selah Sue, Metronomy et Pete Doherty.
Piers Faccini est un joli garçon qui se débrouille très bien avec sa voix, sa guitare et son harmonica. J’ai particulièrement aimé ‘A storm is going to come’, très à propos. Tout le monde attendait l’orage car il avait violemment plu toute la journée. Magie, la pluie a laissé place au soleil à partir du moment où le festival a commencé.
J’étais très impatiente de voir Metronomy. Alors que la nuit tombait, ils ont fait danser les 6000 festivaliers au son de leurs entrainants ‘Heartbreaker’, ‘The Look’, ‘Corinne’, ‘A Thing For Me’…
Le groupe anglais a ensuite laissé place à l’enfant terrible Pete Doherty. Ado, j’ai adoré The Libertines mais Pete Doherty ne m’a jamais fascinée.  A vrai dire, même si je m’attendais au pire (par exemple une annulation) j’étais excitée à l’idée d’enfin le voir sur scène. Mais Pete m’a surprise et séduite. Il est arrivé nonchalamment, quelqu’un a déposé une bouteille de rouge sur scène, il a commencé à jouer sans crier gare, les premiers rangs étaient hystériques. Seul avec sa guitare acoustique, il remplissait l’espace. Il a enchainé les morceaux de l’époque Babyshambles, Libertines, Grace/Wastelands. Il a balbutié quelques mots de français avant d’interpréter ‘Lady Don’t Fall Backward’, il a appelé Soko sur scène pour ‘Can’t Stand Me Now’, puis il est parti brusquement après une (trop) courte reprise de ‘Twist and Shout’. Les applaudissements ont duré un moment, mais Pete Doherty était déjà ailleurs. J’ai eu l’étrange sensation que le public essayait de le retenir, s’estimant heureux de le voir devant lui, car le pire reste à venir. Ce grand gaillard dégage une odeur de légende.




Musicalement, le festival We Love Green était une réussite. On peut incontestablement saluer les efforts des organisateurs pour rendre l’événement plus vert. Mais la foule est-elle ressortie plus consciente des enjeux du festival en terme de développement durable ? Pas sûr. We Love Green était un festival très chic où il fallait être vu en cette fin d’été, avec son lot de hipsters en bottes Hunter, veste The Kooples et sac 2.55 (vous avez bien lu, certains vont aux festivals avec leur Chanel !). Je doute que ces jeunes gens aient pris la peine de se poser quelques questions essentielles, mais je suis certainement de mauvaise foi.


Notes : Cette boutade qui sert de titre a été prononcée par Peter Doherty himself