Paris caché | Frédérique Lucien au Musée Zadkine


Imaginez ce post-it : Rendez-vous au 100bis, rue d'Assas à 16h00.
Vous vous attendez à une lourde entrée avec digicode d'où sortirait une famille bécébégé avec 4x4 ou à une sandwicherie bio pour étudiants en droit.


Mais, au 100bis, rue d'Assas se trouve un joyau dans un écrin végétal : une petite maison avec verrière de la fin du 19ème siècle, l'ancienne demeure d'Ossip Zadkine aujourd'hui transformée en musée.
Le visiteur se sent privilégié et ému lorsqu'il accède au jardin planté de sculptures de l'ancien maître des lieux. Il plonge dans un havre vert où les initiés profitent du soleil et d'un silence seulement perturbé par le chant des oiseaux ; il se dit chanceux de découvrir un morceau de vie d'un autre siècle.

 






A l'instar du musée Bourdelle, le musée Zadkine n'est pas un temple immuable consacré à la mémoire d'un artiste. C'est aussi un lieu dédié à la création contemporaine. Ainsi, j'ai pu voir une exposition de Frédérique Lucien. Ses bas-reliefs, ses céramiques ou encore ses dessins réalisés ces dernières années étaient présentés parmi les sculptures de Zadkine. Alors que Zadkine sculptait des corps d'hommes et de femmes dans un style primitif, Lucien s'intéresse aux détails : bouche, oreille, genoux...


Le corps est éclaté, et j'ai ressenti une étrange sensation : une fois isolés, les traits qui nous rendent uniques sont muets et anonymes. Ces études figuratives du corps rendent presque abstrait l'individu. Mais j'ai trouvé à ses fragments complets une certaine poésie de par leur beauté et leur mystère.