autres notes.


Dans cette ville, le poids du passé.
En moi, le spectre de la mélancolie.
Au loin ou presque, le champ des possibles



J'ai parfois détesté Paris, qui fut pourtant le décor de ma première histoire d'amour. Alors que je commençais à m'acclimater à cette ville, l'on m'a déracinée et envoyée en Irlande.
J'ai alors compris qui et quels étaient mes véritables amours. J'acceptai l'idée d'être (un peu) parisienne et (trop) amoureuse. Cependant, j'appréhendais le retour et me posais quelques questions toutes bêtes. Comment ne pas se laisser submerger par les souvenirs ? Peut-on reprendre son existence dans l'état où l'on l'avait laissée ?
Je n'ai pas trouvé les réponses. J'évite de trop penser au passé. Ou plutôt, j'évite de penser aux moments les plus tragiques.
J'aime toujours autant la vue depuis la fenêtre de ma chambre. J'ai repris de vieilles habitudes, comme courir au Luxembourg ou compter mes pas quand je monte l'escalier. J'en prends de nouvelles - l'expo et le verre de vin du dimanche. J'essaie de saisir la beauté offerte quotidiennement par Paris. Je m'affaire, conçois cent projets et finirais probablement par me perdre comme il y a deux ans dans un rythme effréné. 
J'ai aujourd'hui besoin de regarder mon propre nombril et d'avoir l'impression d'avancer, j'ai besoin de reprendre confiance et d'être ambitieuse. Quand la toupie s'arrêtera de tourner, je me retrouverais peut-être déboussolée et à la recherche de sens et d'une cohérence car je ne peux (malheureusement ?) m'empêcher d'être introspective et de me demander "Pourquoi suis-je en train de me disperser ? Suis-je vraiment heureuse ?".
Mais pour l'instant, je me laisse porter par la musique, gardant en tête que Paris est une fête. Chaque journée recèle de mille possibilités.
Tant que je sautillerai dans les couloirs de l'administration française, tant que les rires fuseront après minuit,   tout ira bien.